Jacques Delille, l’abbé Delille – poète auvergnat et maître de la description
Jacques Delille naît le 22 juin 1738 à Aigueperse, en Auvergne, d’une mère issue de la famille du chancelier Michel de l’Hôpital. Élève au collège de Lisieux à Paris, il se fait remarquer par son talent poétique et sa traduction des Géorgiques de Virgile en 1769, qui lui vaut une renommée nationale. Soutenu par Voltaire, il est élu à l’Académie française en 1774, malgré l’opposition initiale du roi. Professeur de poésie latine au Collège de France, il est aussi connu sous le titre d’abbé de Saint-Séverin, bien qu’il n’ait jamais embrassé la carrière ecclésiastique. La Révolution le réduit à la pauvreté, mais son œuvre, notamment son poème « Les Jardins » (1780), reste un chef-d’œuvre du genre descriptif et didactique, célébré dans toute l’Europe.
L’œuvre de Jacques Delille est marquée par une poésie descriptive et morale, inspirée par la nature et les grands modèles antiques. « Les Jardins », son poème le plus célèbre, est une méditation sur l’art des jardins, mêlant science, philosophie et esthétique. Delille y déploie un talent rare pour peindre les paysages et les émotions, tout en défendant une vision humaniste et progressiste. Ses autres œuvres, comme « L’Imagination » ou « Les Trois Règnes de la nature », confirment son statut de poète majeur du XVIIIe siècle, bien que les romantiques lui reprocheront plus tard un certain classicisme. Il meurt à Paris le 1er mai 1813, aveugle comme Homère, après avoir marqué la littérature française par son élégance et sa rigueur.
La postérité de Delille
Jacques Delille a été inhumé au cimetière du Père-Lachaise à Paris, où son tombeau, classé monument historique, se trouve dans la division 11. Ses obsèques, en 1813, furent marquées par une grande solennité : son corps fut exposé au Collège de France, couronné de lauriers, puis accompagné jusqu’au Père-Lachaise par un cortège aux flambeaux, en présence de personnalités comme le comte Regnaud de Saint-Jean d’Angély et le comte de Ségur. Le monument funéraire, toujours visible aujourd’hui, est entretenu par l’Académie française, qui en est concessionnaire.
La place Delille à Clermont-Ferrand a été renommée en son honneur en 1820. Anciennement appelée place des Jacobins, elle est située près de la basilique Notre-Dame du Port et constitue un lieu de passage majeur entre le centre historique et le quartier de la gare. Ce renommage témoigne de l’attachement de la ville à son héritage culturel et littéraire.
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